Aceptar
Utilizamos cookies propias y de terceros para mejorar la experiencia de navegación y ofrecer contenidos y servicios de interés.
Al continuar con la navegación, entendemos que se acepta nuestra política de cookies.

Le Chemin de la Côte

Votos

(Total de votos recibidos 84)

(Puntuación 3,02)

camino
Le plus septentrional des chemins de Saint-Jacques, le chemin de la côte, serpente le long de la marine verte baignée par la mer Cantabrique.

L’une de ses étapes se situe dans la ville de Gijón et son port. Cette route de pèlerinage fait partie d’un ensemble d’itinéraires jacquaires et est connue sous le nom de chemin Nord, duquel font également partie le chemin allant d’Oviedo à Saint-Jacques de Compostelle ou la déviation allant de Léon à Oviedo, embranchement qui relit le chemin de la côte au chemin français qui traverse le plateau castillan.

Ces chemins furent suivis par les pèlerins de l’époque médiévale et moderne. Ces derniers cherchaient à se prosterner devant la tombe de l’apôtre et vénérer à Oviedo, la ville sainte du chemin Nord, l’image du Sauveur (XIIIesiècle) et le Coffre des reliques déposé dans la Chambre Sainte de la basilique d’Alphonse II le Chaste (791-842). La richesse exceptionnelle du reliquaire et la propagation de bouche en oreille des miracles et légendes du Sauveur ont introduit les Asturies dans l’un des chemins qui mène à Saint-Jacques de Compostelle à la fin du XIesiècle, tout en donnant origine au populaire couplet du bas Moyen-Âge qui disait : « Celui qui va à Saint-Jacqueset pas à San Salvador, visite le serviteur et laisse le Seigneur ».

Le chemin de la côte démarre à Irún (Guipúzcoa), traverse le littoral du Pays Basque, de la Cantabrie et des Asturies, franchit au niveau de la ria de l’Eo la ligne de partage des eaux avec la Galice et s’enfonce à l’intérieur des terres en passant par Mondoñedo pour s’orienter vers Compostelle. Ce front septentrional, menacé par les incursions des pirates musulmans et normands pendant des siècles, a commencé à se consolider en tant que voie de pèlerinage pendant les XIIeet XIIIe siècles sous la protection des monarques castillans qui ont fondé un réseau de nouveaux villages, ainsi que sous la prolifération de pèlerinages par voie maritime et par navigation de cabotage.

Dans son tronçon asturien, il passe par des villes monumentales comme Llanes, Ribadesella, Villaviciosa, Gijón, Avilés, Luarca ou Castropol. De part et d’autres de son tracé, il laisse des monastères médiévaux comme San salvador de Velorio et San Antolín de Bedón à Llanes, San Salvador de Valdediós à Villaviciosa, des églises romanes (San Juan de Amandi à Villaviciosa et San Nicolas de Bari ou Santo Tomás de Canterbury à Avilés) et des temples préromans comme celui de Valdediós. De plus, il permet de découvrir les vestiges du passé romain de la civitas de Gijón. Dans la commune de Villaviciosa, une déviation se dirige vers Oviedo.

Durant leur parcours tout au long de la côte asturienne, les pèlerins de Saint-Jacques ont laissé d’innombrables témoignages archéologiques et documentaires, en plus d’éloquentes références toponymiques au chemin français et à la côte. À partir du XIVe siècle, les institutions hospitalières prêtant assistance aux pèlerins démunis prolifèreront jusqu’au XIXe siècle. Un bon exemple est l’Hôpital de Nuestra Señora de los Remedios à Gijón, en activité au XVesiècle.

D’autres nouvelles donnent un nom aux marcheurs qui ont parcouru les Asturies et nous confirment que le chemin côtier a été un chemin très transité durant tout l’Âge Moderne bien que son tracé ne soit ni aisé ni commode.

Les pèlerins devaient y affronter en barque le passage de ses larges rias et de ses lits fluviaux (Deva, Sella, Nalón, Navia, Eo). C’est ainsi que le fit le tailleur de Picardy, Guillermo Manier qui en 1726 décrit la traversée en barque de la ria de l’Eo comme étant « l’un des endroits les plus dangereux et à craindre de toute l’Espagne », à ce qu’il ajoute « vous voyez les vagues venant de la mer se lancer en l’air les unes contre les autres (...) qui vous provoquent une peur effroyable, vous croyez à tout moment en avoir péri ».

Le chemin du Nord, éloigné de la massification que vit actuellement le chemin français, est toujours une expérience en solitaire et en fusion avec la nature agreste et féconde en paysages coloriste : le vert, les ocres et les marron des bois dans lesquels le marcheur s’enfonce, l’indigo de la mer cantabrique démontée et l’or du sable de ses plages. Au-dessus des marcheurs, un ciel aux mille et une nuances allant du gris orageux au bleu lumineux, devant leurs yeux, des horizons de sommets et de pics.

ANA BELÉNDE LOSTOYOS DE CASTRO (Historienne)

Palabras clave Turismo, 2013